Forte augmentation des incidents de paiement

Signe de la répercussion de la crise financière sur de nombreux secteurs d’activité, les incidents de paiement des entreprises ont augmenté de 45 % au cours des quatre premiers mois de l’année 2008.

Nous reproduisons ci-dessous l’intégralité du communiqué de presse de la Coface :

Nette dégradation du comportement de paiement des entreprises : augmentation de 45% des incidents de paiement sur les 4 premiers mois de l’année 2008

Coface constate une nette dégradation du comportement de paiement des entreprises : les incidents de paiements des entreprises augmentent de 45% sur les 4 premiers mois de l’année 2008 comparé à la même période de l’année 2007. C’est très clairement l’indice du début d’une crise de crédit, même si cet indicateur, assis sur les déclarations des assurés de Coface dans ses 65 pays de présence, sur-réagit classiquement au démarrage d’une crise. C’est pourquoi Coface confirme son estimation d’une crise au total moins importante que celle de 2001-2002, qui avait été marquée par une hausse de 30% des incidents de paiements. La crise financière s’est donc bien transmise à l’économie réelle, par deux canaux : celui de la réduction de la demande américaine, qui touche principalement l’Amérique du Nord et les pays et secteurs tournés vers les Etats-Unis ; et celui d’un accès plus difficile au crédit bancaire. A ces facteurs s’ajoutent la hausse des prix des matières premières et de l’énergie, l’appréciation des devises hors zone dollar et une très vive concurrence. La France et l’Allemagne sont à ce stade encore très peu touchées.

Coface baisse la note de 7 secteurs

Composants électroniques, industrie papetière, grande distribution, automobile, BTP, transport aérien et textile – habillement, voient leur note baisser, pour certains au niveau mondial, pour d’autres uniquement sur les zones Etats-Unis et/ou l’Europe de l’Ouest. En effet, face aux divers chocs, ces 7 secteurs d’activité apparaissent diversement fragilisés :

Vulnérabilité des secteurs aux divers facteurs/Etat du marché

Matières premières, énergie Taux de Change Bulle d’investissement Resserrement du crédit
Aérien oui
BTP oui oui oui
Automobile oui oui oui
Papier oui oui
Distribution oui oui
Composants électroniques
Textile Confection oui oui

Obsolescence Concurrence asiatique Equilibre du marché
Aérien bon
BTP mauvais
Automobile moyen
Papier moyen
Distribution moyen
Composants électroniques oui oui bon
Textile Confection oui oui moyen

Au total, peu de secteurs échappent à la crise, mais certains comme la sidérurgie, la chimie, la mécanique, la pharmacie, les technologies de l’information et la communication parviennent à réduire l’impact de ces chocs grâce à une bonne orientation de leur marché et une forte internationalisation, notamment dans les pays émergents dont la conjoncture résiste.

« La 5ième crise de crédit depuis le premier choc pétrolier est commencée, le comportement de paiement des entreprises s’est nettement détérioré depuis le début de l’année 2008, même si ceci est largement passé inaperçu en France, encore très peu affectée » indique Jérôme Cazes, Directeur général de Coface. « Notre suivi des risques a été renforcé pour nous permettre de continuer à accompagner nos clients dans leur activité tout en limitant l’impact de la crise sur nos comptes ».